Définition :

Les gelures sont des lésions de la peau et des tissus sous-jacents provoqués par un refroidissement local intense suite à une exposition prolongée au froid. Généralement elles se situent au niveau des extrémités du corps. C’est-à-dire les plus éloignées du cœur (nez, doigts, pieds, oreilles).

Causes des gelures :

Les sujets aux gelures sont principalement les personnes qui effectuent des activités en montagne (alpinisme, chasse, camping d’hiver). Mais aussi chez les personnes sans domicile fixe exposées aux asses températures. Et enfin les personnes pratiquantes des activités d’exploration ou récréatives en extérieur ou en zone froide/hivernale.

Mécanisme :

Lorsque la température ambiante se rapproche des 0 °C, les vaisseaux à la surface de la peau commencent à se contracter, c’est la vasoconstriction.

Cette vasoconstriction permet à l’organisme de maintenir la température générale du corps constante afin d’éviter ainsi une hypothermie.

Toutefois, si la vasoconstriction est intense et prolongée, elle entraine une diminution du débit sanguin des extrémités exposées. Et donc elle entraine une lésion par ischémie de la peau et des tissus sous-jacents.

À ceci s’ajoute la survenue de cristaux intra et extracellulaires, de caillots intravasculaires et d’une réaction inflammatoire au réchauffement.

Facteur augmentant favorisant les gelures :

  • Les gelures sont plus fréquentes s’il existe un ou plusieurs des facteurs.
    • Personne âgée, personne habitant habituellement dans les pays chauds.
    • Maladie, fatigue, prise de médicaments.
    • Alimentation insuffisante, déshydratation.
    • Prise d’alcool, tabac, drogues.
    • Striction des extrémités par les vêtements ou les équipements.
    • Immobilité et immobilisation.
    • Humidité

Risques & Conséquences :

Les risques et conséquences sont en fonction de plusieurs facteurs.

  • Du niveau de température 0° à -60°.
  • De la durée d’exposition.
  • La localisation et la profondeur de la gelure, la zone atteinte (exemple extrémité des doigts ou toute la main).

Il existe plusieurs degrés de gelures. Elle est déterminée suivant la réversibilité ou non de la lésion. C’est-à-dire si la gelure entraine des lésions réversibles ou des lésions irrémédiables (amputation).

Les 4 degrés de la gelure :

Gelures du 1er degré :

La zone atteinte est insensible, rouge, peu œdémateuse mais sans cloques (phlyctènes). Après réchauffement, la zone se recolore et la victime récupère la perte de sensibilité.

Gelures du 2ème degré :

La zone atteinte reste localisée, insensible. Elle est rouge, œdémateuse, présente des cloques remplies d’un liquide clair. Au réchauffement, la perte de sensibilité persiste et les dernières phalanges des doigts ou des orteils restent bleues ou violacées.

Gelures du 3ème degré :

La zone atteinte est insensible, d’aspect bleuté ou noirâtre et remontent le plus souvent au-dessus des dernières phalanges sans atteindre la totalité de la main ou du pied. Après réchauffement, il persiste une anesthésie et il apparaît des cloques sanglantes (phlyctènes hématiques). L’irréversibilité de ces lésions impose le plus souvent une amputation de la zone la plus atteinte.

Gelures du 4ème degré :

La zone atteinte est extensive, totalement insensible, bleutée et englobe la main ou l’avant pied sans œdème. Après réchauffement, il n’apparaît pas de cloques, les tissus restent froids et insensibles et certains deviennent nécrotiques. L’amputation est malheureusement obligatoire.

Le plus souvent, comme pour la brûlure, les degrés peuvent s’associer et l’aspect final de la gelure qui permet l’identification de son degré de gravité est réalisé en milieu hospitalier.

Signes :

(PSE) Le bilan circonstanciel permet de constater une exposition prolongée au froid. Le bilan d’urgence vitale recherchera plus particulièrement des signes d’une hypothermie ou d’autres détresses vitales qui peuvent être associées.

Lors du bilan complémentaire, il faut interroger la victime pour avoir plus de précisions :

  • Son ressenti : sensation de « piqûres d’aiguilles », de douleur, d’engourdissement des extrémités ou une insensibilisation totale.
  • Les régions atteintes et la durée d’exposition au froid.
  • Les antécédents de la victime peuvent être des facteurs favorisants la gelure : tabagisme, absorption d’alcool, maladies vasculaires et infectieuses, diabète, prise de médicaments.
  • Examiner les zones exposées permet de constater une pâleur cireuse locale, une zone glacée et un durcissement au toucher. Enfin, si la gelure est évoluée, la présence de cloques et d’un œdème sera observée.
  • La présence d’autres traumatismes doit être précisée car elles favorisent l’installation de la gelure (immobilisation).

Principe de l’action secours :

En partie comme avec l’hypothermie !

L’action de secours doit permettre de :

  • Soustraire la victime au facteur causal.
  • Éviter toute perte de chaleur supplémentaire.
  • Réchauffer et protéger les parties atteintes.
  • Demander un avis médical.
  • Isoler la victime dans un endroit chaud, à l’abri du vent.
  • Éviter la survenue d’une hypothermie.
  • Enlever doucement les gants, bagues, chaussures, desserrer les élastiques.
  • Ôter les vêtements de la victime surtout s’ils sont mouillés ou humides.
  • Sécher la victime mais ne pas frictionner les zones gelées.

Gelures mineures :

Si les gelures sont mineures, réchauffer les extrémités en les plaçant contre sa peau (main, creux de l’aisselle) pendant 10 minutes.

  • Transmettre le bilan pour avis et appliquer les consignes reçues.
  • Rhabiller la victime si possible en utilisant des vêtements amples, secs et chauds (moufles, chaussons) ou en enveloppant la victime dans une couverture.
  • Si la sensibilité est récupérée et en situation d’isolement complet, on peut envisager, après avoir rhabillé la victime, de lui permettre de marcher.
  • Sinon il est indispensable de rejoindre l’abri le plus proche et d’attendre un avis ou une intervention médicale.
  • À de très hautes altitudes (> 4000 m), administrer à la victime de l’oxygène en inhalation en complément.

Se réchauffer c’est bien mais correctement c’est mieux !

INTERDIT de réchauffer ! (si risque de froid)

En aucun cas essayez de réchauffer une gelure s’il existe le moindre risque d’une nouvelle exposition au froid de la partie atteinte. Ou si vous êtes à proximité d’un centre médical ou d’une prise en charge médicale.

OBLIGATION de réchauffer ! (avec eau)

En l’absence de risque de réexposition au froid et si la prise en charge médicalisée est impossible, effectuer un réchauffement des gelures sévères et graves de moins de 24 heures. Il faut immerger les parties atteintes dans l’eau tempérée entre 37°C et 39°C durant vingt à trente minutes. Ou jusqu’à ce que la partie gelée prenne une couleur rouge et soit souple au toucher.

OBLIGATION de réchauffer! (sans eau)

En l’absence de récipient d’eau, des systèmes de chauffage liquide (sachets) peuvent être utilisés. Ne pas le poser directement sur la gelure. Il faut interposer une épaisseur de tissu afin que la température ne soit pas supérieure à 39°C. Toutes températures supérieures à 39°C ou l’utilisation d’une chaleur sèche sont à proscrire car elles aggravent les lésions et peuvent créer des brûlures.

Lors du réchauffement, les extrémités peuvent se recolorer, devenir rouges ou pourpres, douloureuses et souples au toucher. C’est la disparition de la vasoconstriction.

Les cloques :

Des cloques peuvent apparaître, dans ce cas il faut :

  • Recouvrir les lésions d’un pansement de gaze stérile et de gaze.
  • Ne pas toucher (percer) les cloques.
  • Éviter tout nouveau refroidissement.
  • Permettre à la victime de recevoir des soins médicaux.

Le froid est un ennemi redoutable. Il faut apprendre à travailler et avancer avec lui. Jamais surestimer ses capacités. Et jamais sous-estimer le froid.

Équipez-vous comme il faut et vous n’aurez pas de problème !

N’hésitez pas à poser des questions, c’est avec grand plaisir que j’y répondrai. Merci.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.