Définition :

L’hypothermie accidentelle pour l’homme se définit comme une chute involontaire de la température corporelle au-dessous de 35°C.

L’homme est homéotherme, c’est-à-dire que sa température à l’état normal est constante et se situe aux alentours de 37°C. Sa température interne, grâce à un mécanisme de thermorégulation, reste constante malgré les variations du milieu ambiant.

Causes :

L’hypothermie est due à une exposition prolongée dans un environnement froid, en particulier humide. D’autant plus si la victime présente un ou des facteurs favorisants suivants :
• enfant, personne âgée, sujets originaires de pays chauds ;
• maladie, fatigue, alimentation insuffisante, prise d’alcool, tabac, drogues.
intoxication médicamenteuse ;
• activités physiques ayant entraîné de la transpiration, qui vont réduire le pouvoir isolant des vêtements ;
• immobilité ou immersion.

Même si elle n’est pas exposée à un froid important, une victime d’un traumatisme ou d’une brûlure grave est menacée d’hypothermie.

Risques & Conséquences :

L’hypothermie provoque un ralentissement des fonctions vitales pouvant aller, éventuellement, jusqu’à leur interruption soit perte de connaissance, ou dans le pire des cas un arrêt cardiaque.

La température et les signes permettent de classer les différents « stades » de l’hypothermie.

Hypothermie légère (35° à 32 °C) :

La victime est consciente, sa ventilation et la fréquence cardiaque sont rapides. Elle présente des frissons permanents et sa peau est froide.

Hypothermie modérée : (32 à 28 °C) :

La victime délire, présentes des troubles de la conscience. La victime peut avoir des hallucinations. Sa ventilation et sa fréquence cardiaque se ralentissent. Il n’y a plus de frissons, mais une rigidité musculaire modérée.

Hypothermie sévère :

La victime a perdu connaissance, le pouls est difficile à percevoir ainsi que la fréquence cardiaque. La ventilation est lente. Il existe une rigidité musculaire importante et la victime est très sensible à toutes mobilisations qui peuvent déclencher des troubles du rythme voire un arrêt cardiaque.

Hypothermie grave : (<24 °C) :

La victime est en arrêt cardiaque apparent.

Signes :

(PSE) Le bilan circonstanciel permet de constater une exposition prolongée au froid ou à une immersion (noyade).

Les 5 signes d’une hypothermie sont très caractérisés :

  1. La perte de connaissance ;
  2. Un arrêt cardiaque ;
  3. Une détresse neurologique avec désorientation ou confusion ;
  4. Un ralentissement de la respiration et une détresse respiratoire ;
  5. Une détresse circulatoire avec un ralentissement du pouls qui devient très difficile à percevoir.

Si vous avez un thermomètre, il est très facile de savoir à quel stade se trouve la victime. Sans matériel cela est plus compliqué.

Les frissons surviennent à l’hypothermie légère. L’absence de frissons est un signe que l’hypothermie est modérée, sévère ou grave. Car l’organisme est épuisé et n’arrive plus à lutter contre le froid.

La couleur de la peau permet d’identifier une situation anormale, exemple une peau pâle et froide (au touché).

Principe de l’action de secours :

Les actions de secours doivent permettre de :
Soustraire la victime à la cause, ensuite d’éviter toute déperdition supplémentaire de chaleur. Demander un avis médical, réchauffer la victime et pour finir surveiller attentivement la victime (risque d’arrêt cardiaque).

Premièrement il faut mettre la victime à l’abri du vent. Deuxièmement mettre la victime dans un endroit chaud (voiture, refuge, habitation, etc…) pour éviter toute perte de chaleur supplémentaire. Troisièmement ôter les vêtements mouillés ou humides de la victime. Toutefois il faut faire attention à la victime car celle-ci à peut-être subit un traumatisme avant de faire une hypothermie. Si la mobilisation est pénible ou douloureuse pour la victime, couper les vêtements.

Si la victime présente une détresse vitale :

La victime ne présente pas de signes de vie. Elle est inconsciente et ne respire plus ou présente un état de mort apparente.

Appliquer la conduite à tenir devant une victime en arrêt cardiaque.
Précautions particulières pour la RCP d’une victime en hypothermie :
La recherche de présence de signes de vie doit être d’au moins 1 minute.
Car la recherche de la ventilation et du pouls lors d’une hypothermie est très difficile.

En cas de doute, débuter la RCP :
• L’hypothermie entraîne une rigidité de la paroi thoracique. Cette rigidité peut rendre plus difficiles les compressions et les insufflations thoraciques.
• Dès que la RCP est en cours, confirmer l’hypothermie en mesurant la température de la victime avec un thermomètre hypothermie s’il est disponible.
• Un cœur trop froid peut ne pas réagir à une défibrillation. Gardez-le à l’esprit si vous avez un DAE à porter.
Attention : Le nombre de défibrillations successives chez une victime qui présente une température modérée à grave (< 30 °C) doit être limité à 3 tant que la victime n’est pas réchauffée.

Une RCP ne sera débutée que si l’équipe de secours se trouve dans des conditions de sécurité satisfaisant (éviter le sur accident).

Si la victime a perdu connaissance et respire, même très lentement :
– appliquer la conduite à tenir devant une victime qui a perdu connaissance.
– réchauffer la victime (voir dernier paragraphe).

Si la victime présente une hypothermie sévère ou modérée :

  • Allonger la victime et la mobiliser avec précaution.
  • (PSE) Administrer de l’oxygène.
  • Transmettre le bilan pour avis et assurer une évacuation rapide de la victime. Appliquer les consignes reçues ;
  • Réchauffer la victime (voir dernier paragraphe) ;
  • Surveiller attentivement la victime dans tous les cas ;
  • Réaliser toute mobilisation de la victime très prudemment et sans à-coups.
  • Les victimes qui présentent une hypothermie modérée ou sévère sont très instables et peuvent faire facilement un arrêt cardiaque.

Si la victime présente une hypothermie légère :

  • (PSE) Transmettre le bilan et respecter les consignes ;
  • Réchauffer la victime (voir ci-dessous) ;
  • Mobiliser la victime si vous n’avez pas de moyen de réchauffement et dans l’attente de secours complémentaires.

Comment réchauffer la victime ?

Réchauffement passif : (hypothermie légère)

1. Envelopper complètement la victime dans une couverture en polyester ou en laine
2. Prendre soin de protéger les mains, les pieds et la tête de la victime .
3. Il est possible d’utiliser en complément un autre des moyens suivants :
– habiller la victime avec des vêtements chauds et secs
– envelopper la victime dans une feuille de papier bulle
– envelopper la victime dans une couverture isotherme (voire des journaux en l’absence d’autres moyens).

Réchauffement actif : (hypothermie modéré ou sévère)

• envelopper la victime dans une couverture chauffante (40 à 42°C) ;
• en l’absence de couverture chauffante, il faut installer près et autour du tronc (thorax, ventre) de la victime des poches d’eau tiède (bouillottes), des compresses chimiques d’application de chaud ou des briques chauffées.
Attention, il ne faut jamais appliquer directement le dispositif de chaud au contact de la peau de la victime, mais interposer une épaisseur de tissu suffisante pour prévenir toute brûlure.

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